Réflexions du fauteuil : l’entraîneur-chef du Canadien doit-il savoir parler français?
12 03 2009
En voici un qui n'a pas de problème de langue!
La presse sportive du Québec s’énerve encore le poil des jambes depuis que Bob Gainey a engagé Don Lever pour le seconder dans son rôle d’entraîneur du Canadien de Montréal. Il se trouve que M. Lever est unilingue anglais. Comme il est susceptible de devenir éventuellement entraîneur-chef, la grande question de la langue revient au-devant de la scène.
Commençons par rédiger l’offre d’emploi :
Équipe professionnelle de hockey située à Montréal, leader dans son domaine, recherche un entraîneur. Vous avez acquis une vaste expérience et avez fait vos preuves en dirigeant depuis au moins 10 ans des équipes professionnelles ou semi-professionnelles. Vos qualités de leader et de gagnant sont reconnues. Vous savez inspirer le respect et avez un grand sens de la communication. Aucune étude supérieure n’est exigée. La connaissance de la langue française est un atout. Description de tâche : diriger les joueurs et gagner. Objectif du poste : participer aux séries de fins de saison.
Je suis désolé d’en décevoir plusieurs, mais l’annonce ne peut pas commencer ainsi : Le Canadien de Montréal recherche un entraîneur francophone pour diriger son équipe.
L’entraîneur doit-il savoir absolument parler français? Idéalement oui, mais si au final les dirigeants ont le choix entre un bon entraîneur bilingue et un meilleur unilingue anglais, ils doivent choisir ce dernier. Cependant, il doit s’engager à apprendre le français et la direction de l’équipe doit lui donner les moyens de le faire quitte à engager un professeur qui le suivra sur la route pour qu’il apprenne de façon continue. Cela pourrait aussi se faire dans le cadre d’une immersion de plusieurs semaines le premier été suivant sa nomination. La même obligation et le même support devraient être offerts au capitaine de l’équipe. C’est inacceptable qu’après plus de dix ans dans ce poste Saku Koivu ne soit pas capable de s’exprimer minimalement dans la langue de la grande majorité des partisans de l’équipe.
La communication avec les journalistes de Montréal dans leur langue ne devrait pas faire partie des critères d’embauche. Je sais que c’est difficile à accepter pour plusieurs d’entre eux qui se considèrent comme des vedettes aussi importantes que les joueurs, mais donner des points de presse après les parties est une tâche secondaire, pas le cœur du mandat d’entraîneur. Si vraiment il y a des journalistes sportifs de Montréal qui ne parlent pas anglais, je me demande comment ils font pour faire leur travail de manière compétente dans un contexte où la grande majorité des sports qu’ils doivent couvrir se pratiquent en anglais que ce soit en Amérique du Nord ou sur la scène internationale.
Le temps où l’équipe était le bastion des Canadiens français est révolu. Mais, à compétence égale, elle a le devoir de favoriser la candidature de professionnels qui parlent français et si ce n’est pas possible de s’assurer que ses dirigeants, président, directeur général, entraîneur et capitaine apprennent la langue le plus vite possible après leur embauche. C’est une question de respect pour la société québécoise et les clients de l’équipe.
Publié par : jacqueso à 13:29:50
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